Depuis six jours nous vivons avec notre petite puce de 9 ans.
Elle s’exprime avec nous en anglais et nous sert de traductrice pour les taxis et autres démarches insolubles avec notre pauvre espagnol. Les gens sont étonnés qu’elle soit du pays alors que ses grand-parents viennent d’un autre monde. Evie, notre guide, sourit parfois quand nous parlons car même en anglais elle est meilleureque nous ayant même gardé son accent américain.
Elle habite maintenant à 2 heures au nord est de Guadalajara et n’est même pas éblouie par les feux de la mégapole Guadalajara (2e ville du pays) qui compte maintenant avec la banlieue près de 4 000 000 d’âmes. Evie est partout parfaitement à l’aise. Souvent nous avons été étonnés par son empressement et son grand intérêt pour les musées et particulièrement la peinture, la préhistoire et tout ce qui peut s’apprendre.
Evie s’habille seule à la perfection avec un goût qui n’a rien de mexicain. Souvent elle nous a rappelé sa Grand-mère hongroise (ici présente) qui a été scotchée par ses choix et son élégance pour une enfant si jeune. La robe que lui a ramenée sa grand-mère a été qualifiée par ma pomme de « belle robe » et elle a de suite corrigé: « magnifique robe ». Il n’y a pas à dire, les gènes se transmettent bien dans la famille!
Voilà, tout cela pour dire que les promenades autour du monde c’est très bien mais qu’avoir une petite fille comme elle est le plus beau des voyages que l’on puisse rêver. Depuis qu’elle est avec nous, nous avons neuf ans! Du zoo à la piscine,
de la calèche au restaurants elle est toujours à sa place. Hier au soir, elle lisait au concert ou l’on donnait du Mozart.
Parfois elle levait son bout de nez pour scruter le pianiste, qui excellait dans le concerto, et nous jetait ensuite un œil comme pour dire: « il est bien celui-là » En sorte, comme si elle allait au concert chaque soir!
Hélas, aujourd’hui elle s’en est retournée chez elle emportant avec elle toute la beauté de son enfance. Ce soir nous sommes redevenus vieux et tout nous paraît gris. Nos yeux sont embués chaque fois que l’on se souvient de sa frimousse, d’une de ses expressions ou d’un de ses pas de danse. La vie est parfois bien cruelle et jamais où on l’attend. Question: comment ne pas rester cette fois deux ans sans la voir?
Nos pensées se tournent aussi vers nos deux arsouilles de Tournefeuille et notre rêve serait de réunir à nouveau nos trois petits comme ce fut le cas il y a trois ans. A quand une navette spaciale entre Toulouse et Guadalajara?
Bisous fort tristes.
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